Une histoire littéraire d’une administration en mutation... Colloque : "Des scribes et des écrivains. Une histoire littéraire de l’administration", 6-7 juin 2019

Le 13 mai 2019, par Geneviève Koubi,

Aurait-il fallu être aussi « écrivain-e », comme d’autres enseignants-chercheurs en droit [1] comme en toute autre discipline [2], pour s’emparer de cet objet qu’est la littérature ? Aurait-il fallu avoir lu tous les poèmes du monde [3] pour s’engager sereinement dans une réflexion sur le rapport entre administration et littérature ?

Car, d’une certaine façon, c’est dans cette perspective que pourrait être saisie l’interrogation sous-jacente au colloque organisé par Vida Azimi « Des scribes et des écrivains. Une histoire littéraire de l’administration », sous l’égide du CERSA, les 6 et 7 juin 2019 (Salle des Fêtes, Université Panthéon-Assas, 12 place du Panthéon, Vè).

Dans ce modèle, ne pas se pencher sur la littérature juridique - si elle existe bien en ces termes - apparaît indispensable. La lettre du droit n’est pas de Lettres - classiques ou modernes. Les auteurs pris en considération ne sont que les écrivain(e)s, - quand bien même ont-ils été, seraient-ils ou deviendraient-ils politiciens, chefs de parti politique, parlementaires ou ministres. Si l’objet « administration » n’est pas toujours imbriqué dans les filets du « droit » [4], ce sont ses représentations littéraires de l’administration - et non du droit [5] ou de ses utilisations par des acteurs extérieurs aux sphères de justice [6] - qui doivent être soulignées [7].

Plus généralement, pour envisager une « histoire littéraire de l’administration », sans doute est-il nécessaire de lire et relire ces romans, ces récits, ces fictions, ces fables, ces proses, ces chroniques qui ont tracé les lignes escarpées ou les marques floues des mondes administratifs [8].

Que l’on songe aux Employés de Balzac, que l’on pense au Chateau de Kafka ou au Palais des rêves comme à La Pyramide de Kadaré, que l’on se penche sur les écrits de Dostoïevski [9], voire que l’on relise Les chemins de la liberté de Sartre, que l’on puise son inspiration dans les pamphlets de Victor Hugo ou que l’on cherche à comprendre les méandres des administrations étrangères [10] ou bien que l’on filtre quelques informations à travers les citations littéraires insérées dans les ouvrages d’histoire de l’administration, l’approche ne s’empare de la littérature qu’en contexte.

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En s’attachant donc aux seuls écrivains, femmes et hommes « de lettres »..., on en vient à détacher de cette attention portée à l’histoire littéraire de l’administration, la notion de littérature comme celle d’histoire. Ce positionnement conduit à exclure du champ étudié les ouvrages composés à partir des lectures de l’Histoire de l’administration [11] qui, ouvrant sur des réflexions diversifiées, invitent à reconsidérer suivant des angles anthropologiques, sociologiques ou (psych)analytiques, les administrations et les sphères administratives - tels ceux issus de séminaires dispensés dans les institutions savantes [12] ou ceux qui, publiés dans les collections académiques [13], repensent parfois les relations sociales et interpersonnelles qui y évoluent. S’arrêter aux imaginaires, aux représentations données de l’administration dans les romans, nouvelles, contes et récits se réalise alors sans s’imprégner des compositions aux volutes juridiques [14]. En jeux disciplinaires universitaires, seule la « science administrative » pourrait alors être convoquée.

Ce sont les écrits, les récits, les nouvelles ou les albums - non les « documents » officiels ou officieux - qui focalisent le regard. Ne pourraient pourtant être écartées les autobiographies livrant, sous une forme romancée, maints témoignages - d’époque puisqu’il s’agit d’Histoire. Ne seraient pas prises en considération, parce que trop ancrées dans la contemporanéité, les bandes dessinées qu’elles concernent un secteur donné [15] ou qu’elles ciblent et caricaturent les milieux professionnels administratifs [16]. Si l’objet des BD avait été abordé, on regretterait là fortement qu’aucune œuvre de Cabu n’y apparaisse, telles A bas toutes les armées [17] et, surtout, sa série Le grand Duduche. Le champ d’analyses couvert par l’objet du colloque, aussi ouvert semblait-il initialement à la lecture de son intitulé, se trouverait donc finalement restreint aux œuvres littéraires des XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

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Est-il possible de s’emparer des thèmes construits autour de la vision d’une administration dans la littérature sans aborder les questions politiques [18] qui sous-tendent nécessairement les systèmes administratifs [19] ? Pourquoi ne pas s’intéresser à ces romans et ces contes qui relatent, critiquent ou encensent, les sphères de pouvoir ? Le positionnement originel ne peut donc conduire à refouler des réflexions les modèles colonisateurs et, par là, à ne pas se pencher sur ces romans qui, en usant de la fiction, en décrivent, parfois par métaphores, d’autres fois en légendes, les rétrogressions ou relatent les méandres des décolonisations [20].

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Aucun colloque, aucun ouvrage collectif ne peut couvrir l’ensemble de la matière qui fait son objet. Ces quelques observations en Droit cri-TIC ne sont rien de plus qu’une interrogation générale à partir du programme du colloque organisé par Vida Azimi : « Des scribes et des écrivains. Une histoire littéraire de l’administration », les 6 et 7 juin 2019.

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L’histoire est aussi contemporaine. Comment s’intéresser à l’administration dans la littérature ou à la littérature sur l’administration - en éliminant la littérature de l’administration - sans s’interroger sur les attentes que l’administration génère au sein d’une société donnée, sans examiner les subversions induites par la bureaucratie et ses passages vers la technocratie, sans questionner les objectifs auxquels l’administration devrait répondre entre moralité réglementaire et probité financière, entre exemplarité environnementale et rentabilité parcimonieuse ? Comment se saisir des marques administratives sans se préoccuper des présupposés d’une déontologie aménagée pour sublimer des personnages publics ? Romans et essais se complètent, récits et fictions se combinent.

L’administration dans la littérature n’est-elle pas trop souvent représentée à travers la personne du fonctionnaire, de l’agent public, quelle que fusse sa position dans la hiérarchie [21] ou les attendus de son emploi ou la nature des fonctions occupées [22] ? Suffit-il d’avoir été, d’être haut fonctionnaire ou simple employé de bureau pour savoir (d)écrire l’administration [23] ? Dans ce cadre, comment ne pas se saisir de ces ouvrages qui ont eu pour conséquence le prononcé de sanction à l’encontre de leurs auteurs, agents publics, précaires, contractuels ou fonctionnaires [24], pour avoir porté atteinte à l’image de l’administration, pour avoir pointé les dysfonctionnements de l’administration ou pour avoir décrit les démotivations des agents de l’administration [25] ? Et, dans ce cas, n’y aurait-il pas beaucoup à dire des censures ou des auto-censures ?

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Penser l’administration en histoire sans s’arrêter sur son synonyme de bureaucratie n’est plus envisageable [26]. Cependant, les bureaux s’affichent maintenant sur les écrans et cette mutation entre aussi dans les romans, dans les fictions, dans les récits. Comment alors repenser l’histoire de l’administration sans pointer sa transfiguration au rythme effréné des technologies ? Le sujet se déguise et se planque derrière ses mutations successives. Sous les premières impulsions d’une société de l’information, l’une des plus importantes transformations de l’administration réside, de nos jours, dans son caractère téléprocédural, sa forme numérisée, ses prescriptions dématérialisées, ses mécanismes algorithmiques, ses emboîtements formatés, etc. À l’ère numérique, sous couvert d’un terme qui a perdu de son sens tel celui de « simplification », l’administration s’est parée d’un « e- » en suffixe...

L’e-administration se joue dans des réseaux, des canaux, des tuyaux comme des boyaux, immatériels. En passant d’une ambiance sectorisée en bureaux synchronisés à une atmosphère mutualisée presque déstructurée, ses agents se sont déshumanisés, calfeutrés derrière les écrans des ordinateurs, incapables de surpasser les degrés initialisés de la machine, engrangeant les informations dans une marge virtuelle et distillant les décisions sur un mode algorithmique - prétendant jouer des gammes de l’intelligence artificielle. En convertissant l’agent public en un ordinateur impersonnel fortifié par les voix métalliques des répondeurs aseptisés, l’administration se décrypte à travers l’administré. La conversion de l’univers paperassier en un monde numérisé a déconstruit la figure de l’usager, a décomposé la posture de l’assujetti, a travesti le modèle de l’administré en le dépersonnalisant [27]. L’e-administré n’est pas nécessairement un internaute, sinon ponctuellement, accessoirement, et obligatoirement pour le laps de temps indispensable à la téléformalité imposée. Le discours sur la prise en considération de la personne, sur l’individualisation des prestations sont trompeurs puisque les relations demeurent cantonnées dans les interfaces numériques, sur les portails dispensateurs de téléservices. Ne serait-il pas alors intéressant de dépasser les phases historiques et de fouiller la littérature qui en saisit les lignes virtuelles ? Institué sous le générique « public », repéré au-delà du papier grâce à la mémoire électronique, renversé dans la traversée du matériel à l’immatériel, l’usager du service public, l’administré, l’assujetti, le justiciable, le contribuable, le redevable, etc., n’a plus de « nom ». Devenu numéro ou identifiant, mot de passe ou code, il disparaît dans des immatriculations qui le déshumanisent, dans des login qui le mécanicisent. Il s’enfonce dans des paysages administratifs faits d’interactions entre fichiers diversifiés, dans des paraboles de modularité interconnectée. Dans ce labyrinthe numérisé, partiellement anonymisé et nanti d’un très relatif droit à l’oubli, il est particulièrement invité à s’effacer devant le « nombre », ce terme renvoyant à l’ensemble des administrés comme à « son » nombre propre... - ou « son ombre » ?

Par-delà le roman de George Orwell, publié en 1949, 1984 [28], celui de Ray Bradbury, Fahrenheit 451, publié en 1953, voire, plus éloigné dans le temps, celui de Eugène Zamiatine, Nous Autres, en 1920 [29], ou celui de Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes de 1932, quelques ouvrages littéraires, conçus durant ces époques sur lesquelles se penchent la plupart des contributions prévues lors du colloque des 6 et 7 juin 2019, ont retracé les contours d’une administration tentaculaire, arbitraire, autoritaire, totalitaire, concentrationnaire [30]...

Face aux risques d’une dévaluation des droits civils, politiques sociaux, culturels, des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que face aux dangers d’une informatisation sociale dont la majeure de la simplification actuelle stimule l’uniformisation comportementale et le formatage convivial, ces ouvrages ont à chaque fois suggéré des modes de résistance à ces mondes policés, policiers et tyranniques, dans ces sociétés pétries de surveillance généralisée. Or, de nos jours, subsiste la vigueur d’une société adaptée au modèle de la machine...

Sans ne retenir que les œuvres littéraires - dites dystopiques [31] -, quelques livres peuvent être cités - sans discernement - : Heimska, la stupidité, de Eirikur Orn Norddah (trad., Métailié, 2017) ; Surveillance : Le risque totalitaire,de Franck Leroy (Actes Sud, 2014) ; L’Oiseau d’Amérique, de Walter Tevis (trad., Folio SF, Gallimard, 2016) ; Enjoy de Solange Bied-Charreton (trad., Stock, 2012) ; Globalia, de Jean-Christophe Rufin (Folio, Gallimard, 2005) ; Un bonheur insoutenable, d’Ira Levin (trad., J’ai lu, 2003) ; Le Neuromancien, de William Gibson (trad., La Découverte, 1985) ; Sur l’onde de choc, de John Brunner (trad., Livre de poche, 1990) ; etc.

En effet, « en tant que "miroir déformé du présent", la dystopie est indissociable d’une critique politique du monde actuel, elle est "éminemment idéologique". Si l’objectif de l’utopie ante XXe siècle était de proposer un type de société alternatif, celui de la dystopie est assurément de pointer du doigt les dysfonctionnements de la société contemporaine et d’attirer l’attention sur son inéluctable évolution. "Le monde fictionnel dans lequel est immergé le lecteur est situé dans un futur suffisamment proche pour rendre tangible la menace (totalitaire, en l’occurrence), et d’autant plus urgente la nécessité d’agir pour la contrecarrer". Par ailleurs, un monde dystopique suppose le droit, voire une omniprésence du droit. Si "la société utopique, à raison même de son succès, ignore conflits et tribunaux", c’est qu’elle est un système irréalisable dans lequel les gouvernés seraient tous invariablement mus par un esprit rationnel et bon, (...). La dystopie, elle, est la plupart du temps indexée sur un régime politique totalitaire, réglementant la vie des individus dans ses moindres recoins, vie publique comme vie privée, jusqu’à faire oublier à ceux-ci qu’ils sont dirigés. » [32].

Dans une même perspective, peut-être faudrait-il aussi s’intéresser à la littérature pour la jeunesse, laquelle, si elle s’implique souvent dans la signalisation des dangers du Net, de l’emprise des réseaux sociaux sur les vies quotidiennes, de la tentation du culte de l’apparence, de la force orientationnelle des cyber-ordinateurs [33], met aussi en scène numérique les administrations, les établissements d’enseignement et les relations entre autorités pédagogiques et élèves, usagers du service public, les organismes sociaux et les rapports que les familles entretiennent avec leurs services, les stigmatisations liées à la nationalité, au lieu de naissance, à la classe sociale... Les descriptions des temps post-modernes s’infiltrent dans les nouvelles et les romans contemporains. Les descriptions sont intenses : des caméras pistent les déplacements, des radars pointent les dépassements, des mobiles vérifient les investissements, des drones surveillent les déplacements, des puces géolocalisent les emplacements, des satellites traquent les relâchements, des connexions structurent les sentiments, des textos fabriquent les rapprochements, des téléprocédures promeuvent l’isolement, des téléservices glorifient l’éloignement ...

Paradoxes et contradictions s’enchaînent. Tandis que, sous le sceau de la délation apparemment citoyenne, chacun-e surveille, inspecte, scrute, contrôle, chacun-e. Nul n’échappe aux regards intrusifs de la demande prétendument sécuritaire ni aux impératifs de la décoction gestionnaire. À un niveau plus global, si les piratages, vols et pertes de données se multiplient sur les réseaux, les manipulations [comporte]mentales se dessinent à travers les technologies de pointe et la réalité virtuelle, les enquêtes logicielles administratives s’accumulent, les outils de lutte contre le crime manipulent les ADN, la prévention des cybercrimes s’accélère aux dépens des populations, des bugs hallucinants se préparent pour soumettre les peuples aux diktats des ordinateurs sous le label de l’intelligence artificielle.

D’autres récits auraient alors pu être recueillis derrière les ordinateurs, les tablettes, les téléphones mobiles, les montres connectées, les robots intelligents, etc. Par ces biais, outre le refrain continuel de la lutte contre les fake news et la désinformation persistante, il aurait peut-être été possible de comprendre le cheminement de l’hyperindividualisme vers l’hypertransparence de soi au risque de mensonges outranciers, de repérer ce besoin créé par des machines indiscrètes et des algorithmes inquisiteurs de se montrer, d’être visible, d’exister aux yeux des autres « inconnus » de par le monde. Certes, quand les revers sont signalés, ils sont souvent douloureux, faits d’insultes et de goujateries, construits entre harcèlement et humiliation, comme si l’ouverture au monde augmenté ne pouvait se réaliser sans déchirements… Il ne s’agit plus de science-fiction mais d’un avenir tracé sur lesquels se sont penchés plusieurs auteurs … qui écrivent déjà une autre histoire littéraire de l’administration. Parfois même sous plagiat ! Pour ce colloque qui investit le champ littéraire et s’inscrit dans le temps passé, aucun des intervenant-e-s n’a à se pencher sur cette littérature qui ouvre sur cette autre histoire de laquelle seront absents les employés de bureau, mais dans laquelle foisonneront des procédures complexes, et par laquelle se légitimeront tant des administrations arbitraires que des résistances qui ne pourront plus se définir en termes de contestations sociales.

Était-il encore indispensable d’exclure le ’roman policier’ [34] ? Peut-être. Le spectre était trop large pour embrasser tous les aspects de la littérature d’une administration dans l’histoire. Des œuvres françaises jusqu’aux ouvrages particuliers de diverses langues - souvent saisis à travers leurs traductions -, englobant les thématiques de la peur et de la confiance, de l’obéissance et de la résistance, l’objectif se mesure aux espaces-temps d’un colloque car, plus que l’Administration, c’est l’Histoire de l’administration qui en forme la trame.

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Le programme du colloque « Des scribes et des écrivains. Une histoire littéraire de l’administration » est consultable sur le site du CERSA : ici.

Notes :

[1] V., cependant, B. Méniel (dir.), Écrivains juristes et juristes écrivains du Moyen Âge au siècle des Lumières, Garnier, 2016.

[2] A l’exemple d’un professeur de géographie auteur de best-sellers...

[3] En clin d’œil, une chanson de Julos Beaucarne, « Je n’aurai pas le temps de lire tous les poèmes du monde »...

[4] Ce qui laisse à distance les questionnements sur La littérature populaire du droit, - ouvrage sous la dir. de L. Guerlain et N. Hakim, LGDJ, coll. Contexte, 2019.

[5] V., pourtant, R. A. Posner, Droit et littérature, PUF, coll. Droit, éthique, société, 1988/1996 ; le compte-rendu de A. Quemin, in Droit et Société, n° 38, 1998, p. 163.

[6] V. L. Israel, L’arme du droit, Presses Sciences Po, coll. Contester, 2009.

[7] V., surtout, V. Azimi, « “Les plus grands écrivains ont trouvé matière à écrire sur l’administration” »

[8] V., entre autres, V. Azimi, « Quand le démon d’écrire… L’administration et la littérature », Cahiers de la Fonction publique, 2004.

[9] V. Azimi, « Dostoïevski et les gagne-petit de l’administration : une plongée dans les abîmes », Jahrbuch Für Europaïsche Verwaltungsgeschichte, 18, 2006, p. 317.

[10] V., par ex., à propos de The Civil Servant’s Notebook de Wang Xiaofang : « Les dessous de la politique chinoise révélés par la "fiction bureaucratique" », in lexpress.fr, 16 oct. 2012.

[11] … ne serait-ce que pour en arrondir ou en approfondir les lignes comme cela pourrait être composé en usant des ouvrages de François Burdeau : Histoire de l’administration française : du 18e au 20e siècle (1989), Histoire du droit administratif - de la Révolution au début des années 1970 (1998).

[12] … comme, par ex., ceux de Foucault ou de Lacan.

[13] … en pensant ici aux écrits de Pierre Legendre tels : L’amour du censeur. Essai sur l’ordre dogmatique (1974), Jouir du pouvoir. Traité de bureaucratie patriote (1976), ou bien Paroles poétiques échappées du texte. Leçons sur la communication industrielle (1982), ou encore La Fabrique de l’homme occidental (2000), etc.

[14] V., toutefois, A.-M. Luciani et C. Grall (dir.), Imaginaires juridiques et poétiques littéraires, PUF, 2013.

[15] A l’exemple de Quai d’Orsay. Chroniques diplomatiques de C. Blain et A. Lanzac, ed. Dargaud, 2010, 2011. V., à ce propos, S. Ségas, « La diplomatie en images. Discours politique et mythe technocratique dans la bande dessinée Quai d’Orsay (tome I) », Mots. Les langages du politique, 2012, n° 99, p. 61.

[16] Comme la série Les fonctionnaires de Bloz & Béka, ed. Bamboo ou, plus positionnée, celle de Erroc, Mauricet et Pica, Les profs, éd. Bamboo.

[17] Le Cherche-Midi, 1986.

[18] V., par ex., Durand-Le Guern (dir.), Roman et politique, PUR, coll. Interférences, 2011.

[19] En souvenance d’un vieil article paru dans la Revue française de science politique en 1954 (p. 484) « Esquisse d’un tableau du roman politique français » (de A. Dupuy).

[20] V., par ex., T. Monenembo, Les crapauds-brousse, Seuil, 1979 ; A. Kourouma, En attendant le vote des bêtes sauvages, Seuil, 1998. V. par ailleurs, J. Chevrier, « L’itinéraire de la contestation en Afrique noire », Le Monde diplo, mai 1975, p. 24.

[21] V. par ex. Charles Péguy, De la situation faite au parti intellectuel dans le monde moderne, 1907 - sans omettre le théâtre avec Nicolas Gogol, Le Revizor, 1836.

[22] Il y a tant d’écrits autour de la profession de juge ou du métier d’enseignant !

[23] V., par ex., C. Piroux, Le roman de l’employé de bureau ou l’art de faire un livre sur (presque) rien, Éd. univ. de Dijon, coll. « Écritures », 2015 ; et, sur cet essai, l’article de V. Jacob-Blanchemanche, « L’employé de bureau, ou la fusion entre un archétype & une analyse comparée », Acta fabula, n° 10, Essais critiques, déc. 2017.

[24] Ce fut le cas pour l’auteur de Omerta dans la police (J’ai lu, coll. Documents, 2012), Sihem Souid.

[25] Ex. à propos de : Zoé Shepard, Absolument dé-bor-dée ! ou le paradoxe du fonctionnaire, Albin Michel, 2010 ; Henri Rouant-Pleuret, Abruti de fonctionnaire, ed. Panthéon, 2012.

[26] V., par ex., D. Graeber, Bureaucratie. L’utopie des règles, Les Liens qui libèrent, 2015.

[27] V. a contrario, C. Morio, L’administré. Essai sur une légende du droit administratif, thèse Droit Grenoble 2018.

[28] V. aussi, dans un autre registre, La ferme des animaux, folio Gallimard, 1984.

[29] … qui aurait inspiré Georges Orwell.

[30] Peut-être même, est-ce celle vers laquelle les pouvoirs publics se dirigent en ces jours suivant les gammes sécuritaires…

[31] V., par ailleurs, sur les imaginaires science-fictionnels, C. Chauvin, E. Villagordo, « Imaginaire informatique et science-fiction, du cyberpunk à nos jours », ReS Futurae n° 10, 2017, http://journals.openedition.org/resf/1180 .

[32] Q. Pironnet, « Droit et dystopies », RIEJ, 2016, n° 2, p. 365, citant : F. Claisse, « En attendant la fin du monde : deux espèces d’apocalypticiens », in C’était hier la fin du monde ! (http://culture.ulg.ac.be) ; V. Stienon, « Dystopies de fin du monde - Une poétique littéraire du désastre », Culture, le magazine culturel, Univ. Liège ; et C. Perelman, Éthique et droit, Ed. Univ. Bruxelles, 1990.

[33] V. par ex., Anne-Laure Bondoux, Le destin de Linus Hoppe, Bayard Jeunesse, 2001.

[34] V. cependant, E. Bentolila, Le roman policier français de 1970 à 2000 : une analyse littéraire, Th. Littérature et sc. humaines, Grenoble, 2016 - not. en référence aux romans de Didier Daeninckx.

Droit cri-TIC ou Droit cri TIC

Cri TIC, cri-TIC en Droit. Cri-TIC de droit : critique du droit, droit de la critique, droit à la critique, droit critique.

La forme interrogative étant un des signes de l’esprit critique qui anime toute recherche et parcourt tout enseignement, ce site a pour objet, en quelques articles ou brèves, de faire part de questionnements, incomplets et inachevés, sur des thèmes diversifiés... en Droit certes, mais aussi à côté ou aux alentours du Droit.

Pr. Geneviève Koubi

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« La numérisation de l’argent liquide : la fin du cash ? Enjeux juridiques et politiques ». Colloque des 6 et 7 décembre 2018, Paris
6 et 7 décembre 2018 - Colloque : « La numérisation de l’argent liquide : la fin du cash ? Enjeux juridiques et politiques », Paris
Une histoire littéraire d’une administration en mutation...

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14 mai 2019
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