mardi 7 août 2018

Licences, masters en restructuration ... pour la rentrée 2019

Comme à l’accoutumée, c’est en plein été que sont publiés les textes recomposant les diplômes universitaires... Au Journal officiel du 7 août 2018, deux textes viennent modifier les configurations des licences et des masters. L’application pratique de ces deux textes est nécessairement interactive, elle est prévue pour la rentrée 2019-2020.

- Ainsi, l’arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence redéfinit l’enjeu en fonction des « référentiels de compétences définis à l’initiative du ministre chargé de l’enseignement supérieur » (art. 3).

Les alinéas 1 et 2 de l’article 2 précisent : « La licence atteste l’acquisition d’un socle de connaissances et de compétences dans un champ disciplinaire ou pluridisciplinaire. / Elle prépare à la poursuite d’études en master comme à l’insertion professionnelle immédiate après son obtention et est organisée pour favoriser la formation tout au long de la vie. / Dans l’objectif de réussite de tous les étudiants, et dans les conditions énoncées à l’article L. 612-3 du code de l’éducation, la licence favorise la personnalisation des parcours de formation et offre des dispositifs d’accompagnement pédagogique, en tenant compte de la diversité et des spécificités des publics étudiants accueillis en formation initiale et en formation continue. Ces dispositifs sont organisés pour permettre la cohérence entre, d’une part, le projet de formation de l’étudiant, ses acquis et ses compétences et, d’autre part, le parcours de formation qui lui est proposé. Ce parcours de formation permet une spécialisation progressive de l’étudiant. »

Lors de son inscription dans l’établissement ,« chaque étudiant conclut avec l’établissement un contrat pédagogique pour la réussite étudiante » (art. 5) Ce contrat « 1° Prend en compte le profil, le projet personnel, le projet professionnel ainsi que les contraintes particulières de l’étudiant mentionnées à l’article 12 de l’arrêté du 22 janvier 2014 susvisé ; 2° Précise l’ensemble des caractéristiques du parcours, les objectifs qu’il vise et, le cas échéant, ses modalités pédagogiques et les rythmes de formation spécifiques ; 3° Définit les modalités d’application des dispositifs personnalisés visés au troisième alinéa de l’article L. 612-3 du code de l’éducation ; 4° Énonce les engagements réciproques de l’étudiant et de l’établissement. » (art. 5)

Il s’agit là surtout d’évoquer un parcours personnalisé pour l’étudiant. L’article 6 de cet arrêté dispose : « Tout au long du parcours personnalisé de formation, l’étudiant doit acquérir un ensemble de connaissances et compétences comprenant notamment : 1° des connaissances et compétences disciplinaires, en premier lieu dans les principales disciplines de sa formation, mais aussi dans des disciplines connexes et, le cas échéant, dans des disciplines d’ouverture qui favorisent l’acquisition d’une culture générale ; 2° Des compétences linguistiques, se traduisant notamment par la capacité à lire, écrire, comprendre et s’exprimer dans au moins une langue étrangère vivante ; 3° Des compétences transversales, telles que l’aptitude à l’analyse et à la synthèse, à l’expression écrite et orale, au travail individuel et collectif, à la conduite de projets, au repérage et à l’exploitation des ressources documentaires, ainsi que des compétences numériques et de traitement de l’information et des données ; 4° Des compétences technologiques, préprofessionnelles et professionnelles, fondées sur la connaissance des champs de métiers associés à la formation et, le cas échéant, sur une expérience professionnelle, favorisant l’élaboration du projet personnel et professionnel de l’étudiant et permettant l’acquisition de compétences qualifiantes pour l’insertion professionnelle au niveau de la licence pour les étudiants qui le souhaitent. A ces fins, l’offre de licence associe des enseignements théoriques, méthodologiques, pratiques et appliqués et mobilise des pédagogies diversifiées, notamment par projet. Ces pédagogies visent en particulier à renforcer les capacités d’apprentissage autonome de l’étudiant. »

etc.

- L’arrêté du 30 juillet 2018 modifie l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master.

Le principe des ’parcours personnalisés’ est acté : « Afin de prendre en compte les profils, les acquis, les contraintes spécifiques et les objectifs des étudiants, les parcours de formation peuvent être organisés et personnalisés selon des rythmes et des durées d’apprentissage diversifiés./ Ils peuvent également comprendre des enseignements proposés par l’ensemble des composantes de l’établissement ou par d’autres établissements dans le cadre des coopérations de site./ Les parcours personnalisés articulent notamment, de façon spécifique, les séquences d’enseignement, y compris en permettant à l’étudiant de suspendre temporairement ses études en application de l’article L. 611-12 du code de l’éducation..... » (art. 4)

On retiendra le flou de l’article 10 qui prétend lier enseignement et recherche - comme si ce n’était pas déjà le cas ! - : « Afin de valoriser le lien substantiel entre formation et recherche dans l’enseignement supérieur et de placer les étudiants au plus près des savoirs produits dans les domaines correspondant à leur formation, les enseignements leur permettent de bénéficier des résultats de la recherche et de participer aux activités scientifiques organisées au sein des unités de recherche lorsque cela apparaît possible en fonction du niveau d’études et des objectifs de la formation. »

Des représentants du monde socio-professionnel sont associés à la conception et à l’évaluation des formations et l’expérience en milieu professionnel des étudiants est revalorisée (art. 11, al. 4 : « Elle peut prendre des formes variées. En premier lieu, la formation peut être organisée en alternance entre milieu professionnel et établissement de formation, donnant lieu à un contrat de travail liant l’étudiant et la structure d’accueil. En second lieu, les parcours de formation peuvent inclure, en lien avec le niveau et les objectifs de formation et la qualification visée, des projets ou des périodes de formation en milieu professionnel, dont le stage. ») .

etc.

.

Il n’est vraiment pas certain que les universités disposent des moyens pour appliquer sereinement de tels dispositifs. Même si ces arrêtés devront être mis en musique « de plein droit au plus tard le 1er septembre 2019 », l’année universitaire 2018-2019 s’en trouvera perturbée ...

Droit cri-TIC ou Droit cri TIC

Cri TIC, cri-TIC en Droit. Cri-TIC de droit : critique du droit, droit de la critique, droit à la critique, droit critique.

La forme interrogative étant un des signes de l’esprit critique qui anime toute recherche et parcourt tout enseignement, ce site a pour objet, en quelques articles ou brèves, de faire part de questionnements, incomplets et inachevés, sur des thèmes diversifiés... en Droit certes, mais aussi à côté ou aux alentours du Droit.

Pr. Geneviève Koubi

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