Dans un monde où rien n’échappe à l’œil de la machine…

Le 5 mars 2008, par Geneviève Koubi,

Comment vivre libre et serein dans un monde où la machinerie tehnologique mise en action par les pouvoirs publics s’inflitre dans tous les interstices des passages de chacun et de tous dans les espaces publics ?

L’essor des « technologies de sécurité » est tel qu’à tous moments, en tous lieux, par tous temps, des instruments invisibles ou non, complexes et de plus en plus sophistiqués, procèdent à l’identification de l’individu et à sa surveillance en retenant comme données ses caractéristiques propres, innées, inaltérables et inchangeables.

A l’aide de dispositifs scientifiques s’engage une lutte de tous les instants contre les risques en tous genres réels ou imaginaires. Fichage ADN des étrangers et des faucheurs d’OGM, fichier Stic, fichier “Base élèves“, etc. en sont quelques exemples. L’évasion, la recherche des limites, la prise de risque par chacun ne sont plus des processus de la construction de soi mais des modes de fabrication de la perception de soi par des logiciels contrôleurs et inquisiteurs qui engrangent une multitude d’informations dont chacun ignore les aboutissants.

Codes d’accès, cartes magnétiques, puces des cartes bancaires, système RFID de la carte Navigo, étiquettes dites “intelligentes“ remplaçant le code-barre trop impersonnel, etc. se superposent, croisent leurs informations, se développent en interaction et construisent peu à peu les contours d’un monde où la liberté d’aller et venir, d’être, de goûter, de sentir et de ressentir risque de ne devenir qu’un vague souvenir ... puis une folle utopie…

De plus, les données à caractère personnel, c’est-à-dire les informations relatives « à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres », sont ainsi stockées dans les grands fichiers numériques et sont en passe de devenir des « marchandises » qui s’échangent, se troquent et circulent entre les multinationales de la sécurité civile, de la sécurité intérieure et de la lutte contre le terrorisme, le blanchiment, le trafic de drogues, d’antiquités, d’animaux exotiques, de contre-façons de marques, etc. Aéroports et compagnies aériennes rivalisent ainsi d’ingéniosité pour recueillir le maximum d’indices et de données (des empreintes digitales jusqu’à la séquence ADN) à propos de chacun pour alimenter une gigabase de données précieuses parce que uniques... Bientôt les acteurs de la grande distribution des biens de consommation seront conduits à innover pour entrer dans la course de la lutte contre la récidive, contre les infractions, voire même contre la tentation...

Le problème que pose la prolifération de ces techniques et de leur instrumentalisation dans les mécanismes de contrôle social n’est pas des moindres.

Car la biométrie consiste à utiliser la mesure de parties du corps (iris de l’œil, empreintes digitales, contour de la main, du visage...) ou de comportements (démarche, manière de signer...) pour reconnaître une personne. Ces parties du corps, réputées uniques pour chaque individu, sont numérisées, puis enregistrées dans des bases de données, et réactivées à chaque fois qu’il faut s’identifier…

Et un grand tour de VIS est donné… lire : « Biométrie : le règne du VIS »

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