Lustre des Illustres dans des maisons. Circ. n° 2012/016, 7 déc. 2012, Label - Maisons des Illustres.

Le 18 décembre 2012, par Geneviève Koubi,

Le ministère de la Culture et de la Communication avait, dès 2011, institué un label : "Maisons des Illustres". La liste par région des Maisons des Illustres labellisées par le ministère [1] permet ainsi de repérer les lieux dans lesquels des femmes et des hommes ’illustres’ ont vécu... longtemps.

Parce que ces femmes et hommes « se sont illustrés dans l’histoire politique, sociale et culturelle de la France », il s’agit par ce label Maisons des Illustres, de conserver et de transmettre la mémoire de leur existence, de leurs œuvres, de leur combats, de leurs convictions, en ces endroits - qui ne sont pas nécessairement désormais inhabités - qu’ils continuent donc de hanter par delà l’histoire, par delà leur histoire...

Le décret n° 2011-1903 du 19 décembre 2011 relatif aux aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine est peut-être un des moyens de légitimation de cette institution d’un label inventé pour que les maisons ayant abrité des hommes et des femmes ’illustres’ ne disparaissent pas du paysage ou pour qu’elles soient remarquées dans le paysage urbain. En fait, c’est en parallèle avec le projet, enfin abandonné, de la création d’un Musée de France que cette idée de labellisation des maisons dans lesquelles ont travaillé ces femmes et ces hommes a été émise. On aurait pu croire que les procédures attachées à l’attribution d’un tel label seraient délaissées. Mais parce que la distinction peut plaire à certains et parce qu’elle n’entraîne pas de dépenses publiques importantes, il n’y avait pas de raison de les supprimer.

L’institution de ce label forme ainsi l’objet de la circulaire du 7 décembre 2012 adressée, par le ministre, aux préfets de région.

Les maisons-musées, les maisons-archives, les maisons-création, les maisons-résidence d’écrivains, de peintres ou de comédiens sont ainsi désignées sous l’effet d’un label destiné à « dessiner un réseau de lieux de mémoire essentiels pour la compréhension de (l’)histoire et du rôle joué en France par les acteurs politiques, artistiques, littéraires, spirituels et scientifiques. » L’apposition d’une plaque portant logotype de ce label doit alors attirer l’attention du promeneur...

Les propriétés qui pourraient prétendre à la labellisation doivent "avoir été habitée(s) par une personne illustre" [2] et "en avoir conservé une mémoire" [3] ; elles doivent être ouvertes au public au moins 40 jours par an [4] ; cette pieuse conservation et cette ouverture ne doivent pas receler de motivations strictement commerciales. De fait, les conditions d’attribution du label ne sont pas sans soulever certaines questions que la circulaire effleure mais ne résout pas. Par exemple, comment qualifier une personne "illustre" ? Certes, la liste des Maisons des Illustres labellisées peut constituer une des bases de la réflexion mais telle qu’elle se trouve constituée elle laisse persister une certaine méfiance... notamment quant aux choix des hommes politiques ainsi honorés [5].

Notes :

[1] Laquelle n’est pas à jour, en ce 17 décembre 2012, sur le site, en dépit de l’annonce faite dans la circulaire du 7 décembre 2012 relative à l’institution du label "Maisons des Illustres".

[2] La circulaire du 7 décembre 2012 propose comme critère de cette qualité "l’aura, nationale comme locale, du personnage"...

[3] Par quels biais ? Objets, tableaux, livres, bibelots ?

[4] Si, dans un dossier de demande d’attribution du label, le "plus" est de permettre l’accès aux personnes handicapées, comment concevoir l’accessibilité aux lieux distingués comme "authentiques" sans opérer certaines modifications ?

[5] Et donc, en la matière, peu de femmes... comme par ailleurs, en d’autres domaines.

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